« Barbara », un film de Christian Petzold

 Cinéma allemand 

« Barbara », un film de Christian Petzold

Le 4 avril, à l’initiative de Marie-Odile, nous avons visionné le film « Barbara » de Christian Petzold. Cela nous a donné l’occasion de parler du cinéma allemand. Ce film sorti en 2012 met en scène une femme médecin qui travaille dans un hôpital de Berlin-Est. Soupçonnée de vouloir passer à l’Ouest, elle est mutée par les autorités dans une clinique de Province, en pleine campagne.

BarbaraIl est très intéressant de comparer ce film avec les deux plus grands succès contemporains connus par le cinéma allemand dans son évocation de la R.D.A.: «Good Bye Lenin! (2003) », de Wolfgang Becker et «La vie des autres» (2006), de Florian Henckel von Donnersmarck.

Cette rencontre à laquelle beaucoup d’adhérents de l’association participaient nous a fait découvrir une femme des années 80 troublée par l’attention que lui accorde le médecin-chef. Nous nous sommes interrogés sur un comportement face à un régime et sur la place de la passion et de l’amour. Ce film qui a obtenu l’Ours d’argent au Festival de Berlin 2012 aborde le thème de la séparation entre les deux Allemagnes avec une grande délicatesse et place l’humain au centre ; il a ensuite été projeté au théâtre Bernard Blier à Pontarlier le 21 mai.

Si vous avez vu ce film, n’hésitez pas à nous faire part de vos réactions. Qu’en avez-vous pensé? Vos commentaires sont les bienvenus. Merci d’avance!

Cet article, publié dans Evénements Culturels, Kulturele Ereignisse, est tagué , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

11 commentaires pour « Barbara », un film de Christian Petzold

  1. Anquez dit :

    Je trouve le film très intéressant. Je l’ai vu l’an dernier au cinéma puis j’ai demandé à mon établissement de l’acheter avec droit de diffusion mais le film est trop lent pour plaire aux élèves : quel dommage !

  2. Commentaire envoyé par Pascale H.

    C’est un très beau film avec un beau personnage de femme, mais complexe.
    A St Lô (Manche), nous avons mis ce film (VO) au cinéma à l’affiche avec l’aide de l’association « Ecume des films » et le comité de Jumelage St Lô Aalen  :  soirée très réussie, à laquelle j’avais aussi convié les collègues d’allemand de la région. suivie d’un pot…de bière!! à défaut d’avoir trouvé quelqu’un pour discuter sur le film.Les spectateurs ont pu ainsi donner leurs impressions et on a pu les éclairer sur certaines données historiques.
    Il se trouve que je l’ai vue une 2e fois à Caen avec les étudiants de prépa HEC de ma collègue . Le cinéma Lux avait invité une universitaire pour présenter les relations germano-germaniques, mais ces étudiants n’ont pas eu suffisamment d’éléments pour tout comprendre et ils m’ont posé nombre questions pendant notre voyage de retour.
    De cette expérience, j’en ai conclu que pour des lycéens, le contexte n’est pas si évident. Mais on peut  le travailler à plusieurs niveaux sans attacher trop d’importance aux données historiques précises: dans un pays totalitaire : les conséquences des choix des individus; parallèle avec des situations actuelles?

    Nous venons de proposer Hannah Ahrendt: même succés, mais cette fois-ci: prof de philo+ historien, si bien qu’il y a eu une bonne discussion.
    par contre, pour un public lycéen!!!! en Terminale, avec un prof de philo « averti » sur la « banalité du mal »
    On envisage en septembre « Michael Kohlhaas » d’Arnaud Des Pallières 

  3. Commentaire envoyé par Annie O.

    Quand débute le film « Barbara » de Christian Petzold, on se dit qu’on va vers un film de dénonciation du régime de l’ex-Allemagne de l’Est et de la Stasi dans la lignée de « Good Bye Lenin » ou de la « Vie des autres », mais très rapidement on se rend compte qu’on fait fausse route. Bien sûr le contexte est là, la dénonciation est là, mais les principaux enjeux du film ne sont pas là. Les dérives du communisme de l’ex-Allemagne de l’Est sont considérés comme des évidences et un postulat de départ, mais le film parle de tout à fait autre chose… L’histoire pourrait absolument se dérouler sous n’importe quelle dictature…
    Le film est en fait un magnifique portrait de femme, en même temps qu’un magnifique portrait d’homme. Il s’agit d’une étude très subtile de la psychologie des deux personnages centraux, subtile, car l’évolution des sentiments est finement décrite et dépeinte: on voit naître et progressivement se développer l’amour entre les deux personnages. L’histoire , racontée comme cela, est ultra classique, la facture du film l’est également. Donc, dans ces cas-là, pour s’en tirer, pour intéresser le spectateur, il faut des acteurs très solides, un scénario en béton et un savoir-faire cinématographique, entre autres.
    Eh bien, Christian Petzold a tout cela et tout d’abord l’actrice, Nina Hoss, au talent époustouflant: elle crève l’écran , tant son jeu est nuancé, de l’hyper agressivité du départ à la complicité de la fin. Comme l’actrice est d’une très grande beauté et que cette beauté est magnifiée par la caméra de Christian Petzold, on s’attache à cette femme de tempérament et on finit par anticiper la fin, tant la rigueur morale du personnage est évidente. Quant à Ronald Zehrfeld, il est lui aussi éblouissant dans le rôle de l’amoureux, en gros nounours plein de charme et d’intelligence.
    Le scénario est d’une évidence telle qu’on n’a plus qu’à suivre sans chercher à se compliquer l’existence. La tension est extrêmement forte, car on découvre petit à petit la trame de l’histoire. Le cinéaste nous emmène parfois sur de fausses pistes qui nous font douter de ce qu’on croyait avoir compris et le plaisir n’en est que plus intense.
    Quant à la réalisation, elle est totalement maîtrisée et aboutie: on suit le personnage féminin entre gros plans superbes et longs plans sur la jeune femme sur son vélo, dans le vent de la Baltique. C’est carré, c’est rigoureux, aucune recherche artistique gratuite, seule est privilégiée la peinture de personnages universels et c’est ce qui fait tout l’intérêt du film. Bref, du grand, du très grand cinéma…

  4. Commentaire envoyé par Hélène Z. (45)
    Bonjour
    J’avais vu ce film à sa sortie. Le rythme très lent, les connaissances historiques et culturelles nécessaires pour comprendre la situation de Barbara et le contexte m’ont fait tout de suite penser que c’était un film difficile à montrer à des élèves, à moins d’avoir fait un travail assez approfondi de préparation. Plusieurs de mes collègues sont de mon avis !
    Cordialement

  5. Commentaire envoyé par Nathalie C.
    Bonjour,
     je suis d’accord, même si c’est un excellent film…ou alors pour de bons terminales « armés » pour voir ce type de films.
    Cordialement

  6. Commentaire envoyé par Annegret P.
    Bonjour,
    Je trouve que c’est un très bon film. Les acteurs jouent très bien et on voit bien comment le politique a pu influencer le quotidien et les relations quotidiennes, mais on sent aussi que la vie continue et ne peut se résumer qu’au politique. Certes, le rythme est lent, mais l’est consciemment – à mon avis – pour traduire justement cette méfiance et la difficulté des relations.
    La MJC de Dole l’a montré cette année pendant la semaine franco-allemande. J’y suis allée avec mes élèves de Terminales. Certains l’ont même aimé, d’autres non, mais tous ont compris les enjeux.
    Je pense que c’est un très bon film pour un public adulte (ou presque adulte). Qu’est-ce que les adhérents de votre association en ont pensé?
    Cordialement

    • marie-odile dit :

      Etant l’instigatrice de cette soirée je peux vous donner un avis très personnel: j’ai été subjuguée par le jeu de l’actrice d’abord, ensuite j’ai pensé que le réalisateur avait su évoquer une période certes douloureuse mais dans laquelle les êtres humains vivent vraiment les choses intensément et mon passé en tant qu’enseignante me force à dire qu’il faut continuer d’évoquer ces periodes difficiles pour ne plus les revivre?

      • Bernard dit :

        Der Film hat mich sehr interessiert, umso mehr, als ich , als Student in Besançon, die Möglichkeit gehabt habe, ein Semester in de D.D.R. zu studieren. Der Einfluss der Politik auf den Alltag und die Beziehungen zwischen den Menschen ist ein wichtiges Thema des Filmes. Nichtsdestoweniger scheint die Entwicklung der Gefühle und der Liebe Vorrang zu haben.
        Bernard C. (Mitglied der A.D.E.A.F. und der A.C.F.A. : Deutsch-französischer Kulturverein Pontarlier)

  7. Commentaire de Michelle P.
     Bonjour à tous,
     comme pour de nombreux films, Barbara ne peut être étudié dans son ensemble en classe.; voici ce qui a été organisé au cinéma Le LUX à Caen: des séances pour scolaires ont été proposées dans une salle, en suite les enseignants pouvaient tout à loisir insister sur telle ou telle scène ou tel ou tel personnage: il me semble que le personnage de la jeune fille en fuite est particulièrement intéressant d’autant que ces instituts ont bien existé et que les éducateurs exercent encore; voir  un passage de « der TURM » ( merci Thérèse  pour cette indication)
     à noter que lors des rencontres du cinéma allemand, l’ADEAF avait participé à l’invitation de MME LEGLOANNEC, professeur à sciences Po Paris; jeune étudiante elle a vécu en RDA et cherché à comprendre auprès de pasteurs éclairés..

  8. Commentaire envoyé par Sylvie D.
    Bonjour,
    J’ai montré récemment ce film à une 1e Abibac : grand intérêt et assez bonne compréhension. Je ne sais comment vous fonctionnez mais il me semblerait justement intéressant de montrer ce film à un public adulte moins averti et de le faire suivre d’un débat / questions. Il n’y a pas besoin d’être un «spécialiste» de la rda, je crois, pour être sensible à la façon dont les enjeux s’entremêlent dans ce film. Ce sont les relations humaines et l’histoire d’amour (peut-être ?) qui l’emportent. Je ferais une brève présentation avant la projection en expliquant les raisons de la mutation punitive. J’ai vécu moi-même en rda alors j’espère que je n’ai pas une vision faussée des choses. Mais je fais partie d’un ciné-club avec présentation du film avant et débat après. Nous tirons tous beaucoup de profit de cette façon de faire.
    Bon film, si vous décidez de le projeter
    Cordialement
    Sylvie

  9. Faut il se contenter de dire : C’ était la DDR, c’ était la Stasi ? Ne croyez vous pas que ce film est toujours d’ actualité ? Le totalitarisme n’ a pas disparu hélas.
    Merci à Marie Odile d’ avoir eu l’ initiative de nous présenter ce chef d’ oeuvre.
    Gérard président de l’ ACFA.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s