Un Franc-Comtois qui a étudié à Greifswald (ex R.D.A.) en 1973-1974

Témoignage d’un Franc-Comtois qui a étudié à Greifswald (ex R.D.A.) en 1973-1974

 Ayant fait mes études universitaires à Besançon, j’ai eu la chance de pouvoir passer un semestre à l’université de Greifswald au nord de l’ex R.D.A. en 1973-1974 ( Ces deux universités étaient jumelées).

La célèbre photo de Konrad.

La célèbre photo de Konrad.

Cela m’a permis de connaître d’autres façons de faire. Il y avait beaucoup de choses positives. Personne n’avait la crainte de se trouver sans travail. La sécurité matérielle et l’élévation du niveau de vie de chacun était un des objectifs prioritaires de la société socialiste. Les familles nombreuses étaient beaucoup aidées pour se faire construire des pavillons. De nombreux travailleurs pouvaient passer des congés bon marché dans les maisons de vacances des syndicats et des entreprises. D e nombreuses mesures d’aide existaient pour les mères salariées. Il y avait la même instruction et la même gamme de choix professionnels pour les filles et les garçons. La culture et les arts étaient des éléments importants de la vie quotidienne. Bien sûr, il ne fallait pas comparer avec la R.F.A. C’était une autre façon de vivre.

Mais ce qui était le plus difficile pour moi c’était de savoir que ce que je faisais était surveillé. Les étudiants français, nous avions des tuteurs et les contacts que nous pouvions avoir avec certaines personnes pouvaient être une gêne pour ces personnes qui habitaient en R.D.A.

 – J’étais parti une fois rendre visite à une famille. Le lundi le professeur m’a demandé ce que j’avais fait le week-end, comment je connaissais cette famille.

– Une Française avait un petit ami au sud de la R.D.A. et lui rendait visite régulièrement . Elle s’est très vite aperçue qu’elle était suivie.

– Avec un étudiant français, j’étais à Berlin-Est. Nous étions allés rendre visite à une famille de la part de personnes que nous connaissions dans l’ex R.F.A . Ces gens nous ont bien reçus, ils auraient même accepté de nous héberger pour la nuit, mais n’ont sans doute pas osé le faire parce que nous venions d’un pays capitaliste. Nous avons dû chercher autre chose.

La brèche dans le mur.

La brèche dans le mur.

Le 9 novembre, j’étais en France. Quand j’ai appris qu’une brèche était ouverte dans le mur et que les Allemands de l’est pouvaient passer à l’ouest, j’étais vraiment surpris.

Quelques jours auparavant, fin octobre j’étais dans l’ex R.F.A. en Basse-Saxe avec un groupe d’élèves. J’avais suivi avec beaucoup d’attention ce qui se passait à Leipzig d’où est parti le mécontentement. Les prières pour la paix organisées tous les lundis par le pasteur se sont transformées en manifestations et le 16 octobre il y avait 120 000 manifestants qui réclamaient des réformes et la libre circulation vers l’ouest.

 Je ne pensais pas que la chute du mur serait possible un jour. Les façons de vivre de part et d’autre du Mur étaient tellement différentes. Même le langage utilisé des deux côtés du Mur était vraiment très différent. J’étais devant mon poste de télévision en France. C’était pour moi quelque chose de formidable. Plus formidable encore que cela ait pu se passer sans effusion de sang. La joie sur les visages des gens des deux parties de Berlin faisait vraiment plaisir à voir.

 Et ce n’est que plus tard que j’ai vu les conséquences heureuses que cela pouvait avoir sur l’amélioration des relations entre les habitants de Berlin, entre les Allemands et entre beaucoup de pays.

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