Témoignage d'une Française

Témoignage d’une Française  

Comment ai-je ressenti la chute du mur?

Je ne suis certainement pas une interviewée-modèle pour répondre à cette question. Mon mari et moi avons des antécédents dramatiques liés à l’Allemagne de l’ Est et notre réaction est empreinte de ce passé.

La femme au travail

La femme au travail

En 1989 nous étions mariés depuis 14 ans, nous avions des jumeaux de 10 ans et nous essayions d’oublier l’arrestation , les années de prison, la longue séparation et notre haine profonde vis-à vis du communisme.

Nous suivions de près les transformations des pays de l’ est – Glasnost et Perestroïka, Charta 77 en Tchécoslovaquie, Solidarnosc en Pologne et faisions de notre mieux pour assister ces mouvements à la recherche de la liberté.

Quand des milliers d’Allemands de l’ Est s’enfuirent par la Hongrie dès que le rideau de fer commença à s’ouvrir, par Prague en se réfugiant dans l’ambassade d’Allemagne fédérale nous avons espéré … que c’était le début de la fin. Mais en RDA la répression brutale lors des manifestations pacifiques à Leipzig, à Dresde et à Berlin en octobre 1989 a d’une part détruit nos espoirs d’un changement et d’autre part nous a démontré que de plus en plus de citoyens , auparavant paralysés par la peur, osaient prendre position en public et descendre dans la rue pour réclamer leur liberté… Alors même qu’Erich Honecker proclamait haut et fort que le mur tiendrait encore 100 ans!

En cette soirée du 9 novembre 1889, j’étais seule avec nos enfants, mon mari était en voyage d’affaires.

Je venais de regarder un film à la télévision et voulais voir les informations avant de me coucher. Quel choc! Cette foule en liesse qui ne pouvait croire ce qu’elle vivait – des rumeurs couraient que ceux qui passaient à l’ouest ne pourraient pas revenir – l’escalade d’abord hésitante du mur, les files de Trabis aux points de contrôle où, la veille encore on tirait sur les fuyards essayant de passer à l’ouest.

Je restais là, fascinée à regarder ces images dépassant ma plus folle imagination.

Ce n’est qu’après minuit que j’ai réalisé que je voulais partager mon bonheur. J’ai tiré mon mari du lit – il ne savait rien – mes parents en France, ma meilleure amie – Et seulement après j’ai bu un Cognac? en pleine nuit, seule.

Rostropovitch

Rostropovitch

Je n’ai pas dormi cette nuit-là. Je suis restée devant la télévision, à revoir sans cesse ces images. A me souvenir…Quelle revanche! Serait-il possible qu’ils referment le mur dès le lendemain? A ce moment la joie dominait, flanquée de nombreuses questions sur l’avenir. Ce n’est que peu à peu que le modèle REUNIFICATION s’imposa comme le seul logique, fiable, inévitable, naturel.

Maintenant ici à Berlin, il faut chercher longtemps avant de découvrir un reste du mur de Berlin.

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